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Les résultats provisoires des législatives du 25 juillet 2013 et l’ampleur de la victoire du parti présidentielle, UNIR, sur les différents regroupements et partis politiques de l’opposition, relance à nouveau le débat sur la nature, la substance et la capacité de l’opposition togolaise a impacter durablement et  de manière significative la vie publique et l’enracinement de la démocratie au Togo.

Dans l’attente de la proclamation définitive par la Cour Constitutionnelle des résultats de ce scrutin unamiment salué par toute la communauté international et l’ensemble des partenaires au développement, ce que Brigitte Adjamagbo Johson, présidente sortante de la Coalition Arc En Ciel trouve à dire pour expliquer la débâcle de son camps, c’est que le parti au pouvoir à user de corruption et d’achat des consciences pour détourner les voix de l’opposition. De leur côté Jean Pierre Fabre et Me Ajavon Zeus, la double tête du Collectif « Sauvons le Togo » évoque des pressions, des menaces et le bourrage des urnes, ils vont même jusqu’à s’attaquer à ce que les togolais dans leur majorité et les observateurs internationaux ont salué comme une avancée significative dans l’organisation transparente de ce scrutin  à savoir  la publication immédiate des tendances dès la fermeture des bureaux de vote et la fin du dépouillement.

L’Opposition togolaise a perdu

Sur les législatives qui viennent de s’achever, il bien évident que l’opposition, dans son ensemble, n’a plus rien à se mettre sous la dent en ce qui concerne la contestation, il s’avère en effet très difficile de prouver des fraudes qui n’existent finalement que dans la tête des mauvais perdants.

Soixante deux (62) sièges pour UNIR, contre Vingt-neuf (29) sièges seulement pour tous les autres concurrents, la perte est lourde pour l’opposition, un cinglant désaveu tout simplement et à contrario, un renouvellement de confiance par la majorité des togolais de ce camp présidentiel qui a impressionné par la capacité à sa métamorphoser courageusement pour se retrouver à l’avant-garde du changement au Togo.

 L’opposition togolaise a perdu, mais pas simplement une élection, elle vient de perdre aussi le peu de crédit qui lui reste en résistant aux exigences démocratiques qui voudraient que les vaincus prennent acte de leur échec en analysant objectivement les causes  et en félicitant avec beaucoup de hauteur et d’élégance, ceux-là à qui les électeurs et le peuple ont accordé leur confiance pour un mandat.

Il est désormais acquis que face à la crise qu’une certaine opposition s’employait à implanter au Togo, face à l’instabilité et à l’alternance sans contenue réelle, les populations togolaise ont voté le concret, ils ont choisi l’espoir et l’avenir à partir des prémices spectaculaires de changements socio-économiques que le pays a atteint ces  six dernières années.

Les raisons d’une débâcle qui marque la fin des illusions

S’opposer au Togo est devenu un exercice assez délicat, complexe  et  difficile. Dans un pays longtemps frappé par des crises sociales fondées sur une belliqueuse compréhension de la démocratie et une longue mise en quarantaine sur le plan de la coopération pour déficit démocratique, les nouvelles autorités légitimées par les élections démocratiques d’octobre 207 et de mars 2010, ont fait le choix de passer avec courage et foi à l’apaisement et à la reconstruction. Les travaux de la  CVJR, les gouvernements d’ouverture, les grands chantiers urbains et ruraux, les politiques de promotion de l’agriculture, de l’emploi des jeunes, de développement à la base et des libertés publiques, ont été des réalités palpables, signes d’une renaissance togolaise qui ne se voulait pas uniquement politicienne, mais surtout sociale. La lutte pour le pouvoir a laissé place au partage du pouvoir avec le célèbre accord signé en mai 2010 entre le pouvoir et l’UFC, principale formation politique de l’opposition.

Les signes du changement étaient là et crevaient les yeux, mais une certaine opposition a voulu se fermer les yeux et les oreilles, pire elle s’est emmurée dans la division et les luttes intestines pour une alternance qu’elle voulait réaliser par la rue. Mal inspirée par des expériences sénégalaise et  tunisienne, qui  ne correspondaient pas au contexte actuel au Togo, elle a passé son temps dans les rues de Lomé, s’est nourrie de bains de foule qui se sont régulièrement et progressivement taris. Elle s’est accaparée des médias de la capitale, certaines radios privées notamment, pour des excès et des délires qui n’ont fait que confirmé, ç leur détriment, que la jouissance des libertés était totale au Togo.

Au milieu de ses agitations, le pouvoir opère une historique mutation en renouvelant  ses cadres et en refusant désormais de s’enfermer dans le schéma des fiefs du Nord et du Sud. UNIR est né en Avril 2012 avec comme ambition de ratisser large. Les dernières élections ont montré des percées fulgurantes dans les fiefs traditionnels de l’opposition dans les régions maritimes et des Plateaux. L’opposition se contentera d’une majorité à Lomé et dans certaines régions d’origine de ses leaders.

Le jeu  politique au Togo prend une autre tournure depuis les trois dernières élections qui n’augure pas de lendemains meilleurs pour l’opposition togolaise,

Une nouvelle race d’opposants pour le Togo

Le déclin confirmé de l’opposition togolaise après trois élections transparentes successives, ne fait plus l’ombre d’un doute. Evoquer la corruption et les achats de consciences  pour justifier les lourdes pertes subies, devient une insulte aux populations et un manque de prise de conscience suicidaire.

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